Ca y est nous voguons de nos propres voiles sur le fleuve Saloum. Nous faisons une première escale ravitaillement à N’Dangane et passons la nuit au mouillage devant le village. Dès le lendemain commence une semaine qui sera essentiellement rythmée par la pêche. On pêche dès le matin, on pêche jusqu’à la nuit, parfois même pendant. Il faut dire que le fleuve est particulièrement poissonneux et ce serait dommage de ne pas en profiter. Pap Saloum a embarqué avec nous avec tout son matériel : cannes, fils, plombs, et appâts. Nous avons donc été initiés aux techniques locales. Et nos tentatives se sont révélées bien plus fructueuses qu’en pleine mer. Quel soulagement !
C’est l’occasion de faire l’inventaire de tous les animaux du fleuve. Pap les connaît tous, plumes, écailles et poils de la région n’ont pas de secret pour lui et voir ici toutes ces bêtes nous fascine : hérons, pélicans, martins-pêcheurs, balbuzards, sternes, ou bien poissons-perroquets, tiofs, mulets, captains plexiglas, crapauds, raies, poissons-chats, ou encore chacals, gnous, hyènes, etc. Difficile de faire de bonnes photos, dommage.
Pour nous consoler, nous faisons des festins de poissons et fruits de mer. Le barbecue à gaz du bord est à poste et fonctionne à merveille (quand la bonbonne est pleine). Tout y passe : les huîtres, les coques, et les poissons de toutes sortes à peine pêchés. Nous épuisons nos idées de recettes. Chaque jour nous changeons de lieu pour pêcher en fonction des marées ou des endroits à visiter, et chaque nuit nous mouillons dans des coins plus calmes les uns que les autres.
Nous vivons au rythme du soleil et du fleuve, les journées sont paisibles et reposantes. Il nous arrive de croiser encore quelques voiliers français au détour d’une plage ou d’un banc de sable. Nous allons visiter quelques villages, tout le monde est excessivement accueillant. Les enfants viennent nous voir et nous poursuivent dans les rues se battant entre eux afin de nous donner la main. On est vraiment à l’autre bout du monde et on a pas très envie de s’en aller.
Malheureusement tout a une fin et il est temps pour moi de quitter l’aventure. Notre périple fluvial s’achève par là ou il a commencé : chez Yves (tiens, ça faisait longtemps). J’abandonne Pitouchok, Renaud et Adrien à leur destinée et file vers Dakar, en voiture cette fois, puis Paris. Alors les autres refont route à la voile vers Dakar où ils passeront quelques jours avant de reprendre la mer en direction des îles du Cap Vert, la patrie de Stomy Bugsy.
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