A coeur vaillant rien d'impossible

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Royaume-Uni - Gibraltar
de Alban, le 06-12-2004

A coeur vaillant rien d'impossible

A cœur vaillant rien d’impossible !
Forts de cette devise et pleins d’enthousiasme nous prenons la mer dès mercredi soir en espérant ne tomber que sur la fin du fort coup de vent annoncé. Mais l’achèvement de cette perturbation fut suffisant pour nous malmener et rendre vraiment pénible la nuit qui suivit. Une mer bien agitée et un vent capricieux nous taquinent quelque peu. On retrouve le calme le lendemain matin. Il ne fait guère chaud ni beau mais le vent nous porte toujours tranquillement. Les 24 heures suivantes sont relativement semblables et c’est vendredi soir que tout se complique…

C’est simple, Gibraltar c’est tout droit. Mais entre ce rocher britannique et notre frêle esquif se dresse un gigantesque ciel noir d’encre parsemé d’éclairs plus puissants les uns que les autres. Nous avons bien le temps de le voir arriver et c’est fort joli. Le problème c’est que nous serons bien obligés de le traverser cet orage.
C’est là que débutent les trois heures les plus agitées et inondées de ma vie. Spectacle absolument incroyable. Question décor et réalisme nous n’avons rien à envier aux meilleurs « films-catastrophe » hollywoodiens. Voilure réduite et marche avant toute au moteur pour ne pas reculer, le vent de face nous contraint à une vitesse de 0.5 nœuds (soit dix fois moins que la vitesse de croisière habituelle). Difficile donc de s’échapper des griffes de la bête enragée. Il nous suffit juste d’attendre qu’elle s’épuise au combat. Et le trio Adrien à la barre, Alban à la vigie et Ren aux manœuvres finira par avoir le dernier mot.
Le plus gros passe, nous avons le droit a une belle récompense : une quinzaine de dauphins illumine par un banc de planctons phosphorescents viennent jouer avec l’étrave au clair de la lune qui refait une faible apparition… Nous respirons. Et comme il fait bon apercevoir les feux de la côte ! Et tous ces cargos énormes que nous avions perdus de vue un bon bout de temps et qui resurgissent de l’obscurité ! Le vent souffle encore et nous l’avons toujours dans le nez, ce qui nous oblige à tirer de longs bords et rallonge notre chemin. Nous sommes épuisés.

Ah ça c’est certain, nous l’avons méritée cette arrivée en terre anglaise ! Gibraltar il faut le voir pour le croire. Si vous payez en euros, on vous rend la monnaie en livres et si vous croisez des bobbies, soyez sûr qu’ils dialoguent en espagnol. Ren trompe son éternelle nostalgie de la vie londonienne en dévalisant les supermarkets Tesco et en s’arrêtant devant chaque pub typique. A l’intérieur des remparts la toute petite ville fortifiée est très sympa et propre, en dehors c’est un chantier perpétuel peu séduisant. Nous attendons lundi pour remettre les voiles direction l’océan Atlantique et les côtes de l’Afrique.

Note de Adrien : En attendant j’en ai profite pour faire un sort a la coupe de jeune cool d’Alban. Bon c’est vrai qu’avec ma faible expérience et des ciseaux de cuisine on ne peut pas s’étonner des trous qui parsèment maintenant son crane mais il y a un moment ou il faut savoir dire stop…


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