Parti de Bodrum samedi matin 30 octobre, nous voilà en route pour le Péloponèse voire la Sicile si le cœur nous en dit. Les trois jours de navigation pour rejoindre le Péloponèse sont plutôt calme. Entre deux pèriodes de vent force 2-3 nous profitons des périodes de pétoles pour nous baigner laver la coque… « Mon Dieu mais on voit pas le fond ni la Terre d’ici… Je me cague… ». Nous comblons nos journées par des séances de pêche (une prise loupée pour l’instant) des parties d’échecs (2-1 pour Renaud) et de la longue lecture. Au matin de la deuxième journée de mer nous passons au milieu de l’archipel d’îles grecques de Santorin. Santorin est un ancien volcan qui a englouti une civilisation antique, jetant les fondations du mythe de l’atlantide. Le cratère du volcan est maintenant sous l’eau et nous passons dessus. On aperçoit sur les parties submergées des superbes villages grecques tout de blanc et de bleu.
Nous dépassons la pointe du Péloponèse le matin du troisième jour et décidons de continuer directement vers la sicile. Nous avons alors trois jours de plus de navigation devant nous, et bien au large cette fois-ci. Le premier jour un bon force 4 nous permet d’avoir enfin une bonne moyenne de vitesse. Puis le deuxième jour, tout se complique… Nous le commençons avec un vent de force 6 au grand largue et une bonne houle qui nous permet de faire quelques surfs à 10 nœuds. Dans l’après-midi nous apercevons à l’horizon une bonne masse de nuage bien noir. Une heure plus tard, en cinq minutes nous perdons 4° de température et le vent se met à souffler dans un sens complètement opposé, force 7 bien établi. Nous inaugurons nos vestes de quart sous une pluie battante. Ca tangue pas mal pour moi et Renaud prend le premier quart de nuit. Le vent se calme un peu et je prends le quart 3 heures plus tard. Nous avons alors un vent apparent à 20 nœuds, une forte houle et une nuit d’encre absolue, sans lune et pleine de nuages. Renaud me prévient « Bon, on est toujours sous avis de gros coup de vent donc si ca passe au dessus de 25 nœuds tu me réveille ». 1 heure plus tard nous avons les 25 nœuds. Ren reste couché : « Bon pour l’instant ca va réveille moi si on passe les trente nœuds ». Une demi heure plus tard je réveille Renaud. Nous avons 35 nœuds bien établi avec des rafales allant jusqu'à 48… Nous surfons à 13 nœuds avec deux ris sur la grand voile et le tourmentin après que le vent a cassé le bout d’enrouleur de génois. Nous luttons jusqu’à 3h du matin quand nous apercevons des flashs à tribord et une grande lumière rouge en face de nous. Nous répondons aux deux. Cette lumière rouge est tout de même un peu étrange, le bateau semble énorme et il ne bouge pas… Nous découvrons au bout d’une demi heure qu’il s’agit… d’une coulée de lave de l’Etna. Les flashs par contre était bien ceux d’un autre voilier qui n’a pas dû passer bien loin ! Mais dans cette obscurité, impossible de discerner quoi que ce soit. A 4h30 nous profitons d’une petite accalmie pour rentrer enfin dans le port de Catania en Sicile. Nous devrons attendre 7 heures du matin pour pouvoir rejoindre la marina et dormir enfin un peu.
Vendredi, samedi dimanche,
Catania, Syrracuse, l’Etna, Palerme, Taormina, la Sicile est superbe !!!
Nous voulions repartir aujourd'hui lundi mais 40 noeuds de vent ca suffit pour l'instant. Nous repartons peut-etre ce soir ou demain matin tot pour passer le detroit de Messine et remonter vers Rome.